image1Ça y est vous avez osé : vous vous êtes autorisé(e) à penser que oui, danser la salsa c’est un truc dont vous avez toujours rêvé ou bien faire de belles photos ou bien se lancer dans la calligraphie chinoise ou la cuisine italienne, ou toute autre envie qui a germé dans votre fantaisie et à laquelle vous avez prêté attention. Donc vous êtes rendu(e) à la phase : «  comment je mets ça en œuvre «  et, fort logiquement, vous avez pris un cours de danse, un cours de technique photo, un cours de peinture chinoise, un cours avec un cuisinier italien. Vous avez payé certainement un abonnement et au fil du temps, vous constatez que votre attrait pour cette nouvelle activité qui vous semblait si ludique, si pleine de promesses, et bien cette activité devient pesante. Aller au cours le soir, c’est fatigant ou bien le weekend ça vous prend trop de temps, et puis c’est difficile, ça devient… lourd! Et vous commencez à sauter des cours voire vous abandonnez en maugréant que vous avez claqué de l’argent pour rien, que ce n’était qu’une lubie, etc… (je vous fais confiance pour vous flageller à outrance).

Pourquoi? Pourquoi en êtes-vous arrivé(e) là? Si l’on retourne au tout début, au moment où la flamme s’est allumée, vous pensiez aux magnifiques floutés et cadrages qui vous conduiraient à THE photo, aux pas de danse endiablés, au papier de riz et à l’encre que vous alliez acheter, aux repas offerts à vos amis heureux de ces plats délicieux… mais où sont passés tous ces rêves? Aux oubliettes, sous des monceaux de noirceur, de fatigue, de déception et d’échecs.

Que s’est-il passé? Vous vous êtes retrouvé(e) prisonnier(e) de la technique qu’on vous a enseignée. Vous êtes bloqué(e) dans les réglages de l’appareil photo, dans l’enchaînement des pas de danse, dans le délié du pinceau et du geste… du coup votre créativité, votre fantaisie, votre envie sont parties. Ne restent que les contraintes.

Rassurez-vous, tout ceci est bien normal. On ne devient pas virtuose, grand chef en quelques mois. D’autant que vous vous êtes lancé(e) dans cette activité en plus de vos occupations quotidiennes. Donc commencez par faire preuve de bienveillance à votre égard. Dans un monde où nous sommes constamment bombardés d’informations, de sollicitations, d’écrans, de mauvaises nouvelles quant à notre avenir… c’est prodigieux que vous ayez trouvé le courage et le temps de vous consacrer un espace. Un espace pour vous. Toute la difficulté, maintenant, est de vous accrocher, vous accrocher à votre rêve de départ et non pas à la technique qu’on vous enseigne.

Notez bien que je ne critique pas la prise de cours, que la technique et l’apprentissage sont nécessaires, que j’ai moi même pris de nombreux cours et que je continue à en prendre. Je dis simplement que vous devez revenir à votre but. Si votre but c’est de savoir jouer au piano un air de Chopin et bien restez sur ce but, pas la peine d’apprendre des gammes à n’en plus finir. Apprenez ce qu’il vous faut et jouez du Chopin à votre niveau, jouez pour vous faire plaisir. Vous aurez bien le temps d’apprendre autre chose plus tard. Même chose pour la photo : mon appareil photo fait des trucs incroyables dont je n’ai même pas conscience et pourtant je fais énormément de photos et j’apprends au fur et à mesure ce dont j’ai besoin.

Il convient de s’extraire, à un moment donné, de la technique pour laisser libre cours à votre propre personnalité, ne pas se noyer dans la technique ou dans l’admiration d’un professeur en se disant qu’il ou elle fait des trucs délirants – c’est normal, c’est son métier – il faut juste prendre ce qui vous convient et avancer de votre côté. Il vous faut vous inspirer de ce que vous apprenez pour vous l’approprier et non le subir.

En conclusion, je vous laisse cette phrase de Philippe Claudel qui me guide : « Fais revenir en toi ce que tu aimes chez les autres. C’est ton empreinte qui était la en premier pas leur reflet… Laisse les couleurs te dire ce que tu ressens ce que tu recherches. »

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